Benny « Kid » Paret, boxeur
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Il est des soirées de boxe dont l’écho dépasse de loin le sport. Le 24 mars 1962, sous les projecteurs du Madison Square Garden et devant des millions de téléspectateurs, Benny « Kid » Paret dispute le dernier combat de sa vie. Champion du monde cubain des welters, il incarne à la fois la fierté d’une île passionnée de boxe et le prix, parfois terrible, que peut exiger le noble art.

De Cuba aux sommets mondiaux

Benny « Kid » Paret grandit dans une Cuba où la boxe est reine, avant de poursuivre sa carrière aux États-Unis. Surnommé « Kid », il se fait un nom chez les welters à force de courage et d’une combativité de tous les instants. Au tournant des années 1960, il atteint le sommet en s’emparant du titre mondial de la catégorie, consécration d’un parcours bâti sur la ténacité plutôt que sur les artifices.

Comme souvent à cette époque, la couronne change plusieurs fois de mains. Paret la perd, la reconquiert, s’impose dans des combats disputés au terme desquels rien n’est jamais acquis. Le public retient l’image d’un boxeur vaillant, qui n’a jamais reculé devant l’adversité et qui a défendu avec fierté les couleurs de la boxe cubaine sur les grands rings américains.

Trois combats contre Emile Griffith

Le nom de Paret restera à jamais lié à celui d’Emile Griffith, welter surdoué originaire des Îles Vierges. Les deux hommes se sont affrontés à trois reprises, une trilogie âprement disputée où le titre mondial a plusieurs fois basculé. Griffith s’impose d’abord, Paret prend sa revanche : leur rivalité est de celles qui définissent une époque.

Avant leur troisième et dernier duel, Paret était monté d’une catégorie pour défier un champion des poids moyens, un combat au cours duquel il avait encaissé une lourde punition. Plusieurs observateurs se demanderont, par la suite, s’il était prudent de le renvoyer si vite sur le ring. La pesée du troisième affrontement laisse par ailleurs une trace amère : Paret y adresse à Griffith une insulte visant son intimité, un épisode documenté qui a nourri, des décennies durant, le récit d’une tension personnelle entre les deux hommes.

Le combat de trop

Le 24 mars 1962, Paret et Griffith se retrouvent une dernière fois pour le titre welter. Dans les derniers rounds, le champion cubain se retrouve acculé dans les cordes, incapable de se dégager, tandis que les coups s’enchaînent avant l’intervention de l’arbitre. Paret s’effondre et ne reprendra jamais connaissance. Il meurt dix jours plus tard, à 25 ans.

Diffusé en direct à une heure de grande écoute, le drame se joue sous les yeux de tout un pays. La brutalité de la scène, offerte au regard de millions de foyers, provoque une onde de choc. Le raconter impose la retenue : derrière l’événement médiatique, il y a un homme, un mari, un père, dont la vie s’est arrêtée dans l’exercice de son métier.

Un sport durablement bouleversé

La mort de Benny Paret marque un tournant dans la perception publique de la boxe. Pendant un temps, les grandes chaînes américaines prennent leurs distances avec la retransmission des combats, et le débat sur la dangerosité du sport s’installe durablement. L’arbitre de la rencontre, très critiqué pour avoir tardé à intervenir, ne s’en remettra pas vraiment. Quant à Emile Griffith, il portera toute sa vie le poids de cette soirée, évoquant sans détour, bien plus tard, la douleur de n’avoir jamais pu l’oublier.

L’histoire de Paret rappelle une vérité que le milieu préfère parfois taire : la boxe est un sport de contact où l’intégrité des combattants doit primer sur le spectacle. Les évolutions ultérieures (encadrement médical renforcé, vigilance accrue des arbitres) doivent beaucoup à ces drames qui ont forcé le noble art à se regarder en face.

À retenir

  • Champion du monde cubain des welters au tournant des années 1960.
  • Une trilogie mémorable face à Emile Griffith, où le titre a plusieurs fois changé de mains.
  • Mort en 1962 des suites de leur troisième combat, disputé au Madison Square Garden.
  • Un drame diffusé en direct qui a durablement transformé le regard porté sur la boxe.

Ce que son histoire nous laisse

Se souvenir de Benny Paret, ce n’est pas céder au voyeurisme, c’est honorer un combattant et mesurer la responsabilité qui entoure ce sport. Sa trajectoire dit le courage de ceux qui montent sur un ring, mais aussi l’exigence absolue de sécurité et de respect qui doit accompagner chaque combat. C’est précisément cet esprit (la rigueur, l’encadrement, le respect de l’adversaire et de l’intégrité de chacun) que l’on cherche à cultiver dans une salle sérieuse comme Spartan Boxing Club, où la boxe se pratique d’abord pour se construire.

Paret appartient à la mémoire douloureuse du noble art, aux côtés d’autres destins fauchés comme celui du Gallois Johnny Owen, et loin des trajectoires plus sereines de maîtres stratèges tels que Benny Leonard. Autant d’histoires que nous rassemblons dans notre panorama des plus grandes légendes de la boxe, pour ne jamais oublier ni la grandeur ni le prix de ce sport.

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Questions fréquentes

Qui était Benny « Kid » Paret ?

Benny « Kid » Paret était un boxeur cubain, champion du monde des poids welters au tournant des années 1960. Combattant courageux et acharné, il a porté haut les couleurs de la boxe cubaine sur les grands rings américains avant sa disparition tragique en 1962.

Comment Benny Paret est-il mort ?

Paret est mort en 1962 des suites de son troisième combat contre Emile Griffith, disputé au Madison Square Garden. Acculé dans les cordes dans les derniers rounds, il a sombré dans le coma après l'arrêt du combat et n'a jamais repris connaissance.

Pourquoi ce combat a-t-il marqué l'histoire de la boxe ?

Diffusé en direct à une heure de grande écoute, le drame s'est déroulé sous les yeux de millions de téléspectateurs. Il a provoqué une onde de choc, éloigné un temps la boxe des grandes chaînes américaines et relancé durablement le débat sur la sécurité des combattants.